L'éclipse du 20 juillet 1963            

 La section de Montréal de la Société Royale d'Astronomie du Canada (qui n'avait officiellement que son sigle anglais à l'époque: RASC) regroupait à Montréal une centaine de passionnés de l'astronomieLors d'une des réunions mensuelles, on nous a annoncé des mois à l'avance l'éclipse solaire de l'été 1963. Les membres ont organisé un déplacement du groupe avec plusieurs équipements d'observation. Nous nous sommes installés à Grande-Piles près de Grand-Mère pour camper dans un lieu très bien placé pour l'observation de l'éclipse, dès la veille du samedi 20 juillet 1963, le jour de l'éclipse.

La carte ci-dessous montre la mince bande où l'observation montrait une éclipse totale. À Montréal même, tout comme à Québec, on ne pouvait observer qu'une éclipse partielle.

















J'ai participé à cette observation depuis le site de Grandes-Piles. Avec Pierre O'Keefe qui possédait un très bon télescope doté d'un grand diamètre (un diamètre de 15 cm pour le miroir), nous avons installé ma ciné-caméra Yashica grâce à un adapteur que j'ai fabriqué spécialement pour s'adapter à l'oculaire du télescope. Cela nous a permis de filmer les diverses phases de l'éclipse avec un grossissement idéal: le diamètre du soleil occupait tout le champ de vision dans l'image.

Ce film peut être vu à ce lien:  https://youtu.be/XbIVGXNNwaE.   Le film comporte des séquences tournées avec le télescope, ainsi que des séquences filmées par d'autres membres* de la société d'astronomie sur le site de Grandes-Piles. 

Voici ci-dessous un court extrait de ce film 8 mm; il montre la séquence de la phase de la totalité, ainsi que le début de la réapparition du disque solaire en grande partie masqué par la lune:



Nous avons mis de très nombreuses heures de préparation en équipe (MM. O'Keefe pour le télescope et Durand pour la caméra 8mm) durant les semaines qui ont précédé l'éclipse du 20 juillet. Mon collègue O'Keefe habitait rue Foucher; c'est là qu'on a en premier testé l'adapteur de caméra en le montant sur l'oculaire de son télescope. Installés sur le balcon arrière de l'appartement, nous avons visé un des clochers de l'église Notre-Dame-du-St-Rosaire, située à 200 mètres de distance.

L'image de gauche montre le télescope et au loin on distingue les deux clochers.

L'image de droite montre la vue captée avec la caméra montée sur l'oculaire du télescope:

Ce test nous a montré que l'oculaire donnait la bonne distance focale, car le diamètre apparent du clocher vu au loin correspondait grosso modo au diamètre angulaire (0,53°) du soleil dans le ciel. Comme dans notre test le clocher occupe correctement tout l'écran, nous étions assurés de pouvoir capter l'éclipse avec une image remplissant complètement l'écran. Deux autres problèmes techniques par contre nous ont causé des soucis jusqu'à la fin: 
     a) Il n'est pas simple de faire la mise au point pour avoir une image absolument nette; on peut le constater dans l'image du clocher qui est restée floue. Quand c'est notre oeil qui se place à l'oculaire du télescope, nous pouvons visuellement l'ajuster pour obtenir une netteté parfaire. Mais quand c'est la caméra qui est fixée à l'oculaire, il n'y a pas moyen de voir directement si l'image est nette, car cette caméra Yashica n'avait pas de viseur réflex. Nous avons donc eu quelques problèmes dans la netteté de l'image.
      b) Le clocher dans l'essai est fixe. Ce n'était pas le cas pour filmer l'éclipse le 20 juillet. Le soleil et la lune qui se déplacent lentement dans le ciel et ce mouvement est amplifié dans le fort grossissement du télescope. Les télescopes professionnels suivent le déplacement apparent des astres grâce à des moteurs synchrones dans le support à la base des télescopes. Notre télescope ne possédait pas ce dispositif. C'est mon collègue Pierre O'Keefe qui pointait manuellement le télescope grâce à la lunette de visée fixée sur son télescope. Il devait donc faire le pivoter très lentement pour garder l'image bien centrée sur le soleil. Ce n'était pas simple à faire, ce qui se traduit par des images parfois saccadées. Mais il a réussi la plupart du temps à garder un bon suivi du mouvement du soleil.

La caméra Yashica montée sur le tube oculaire du télescope grâce à un adapteur maison que j'ai fabriqué en aluminium.





Pierre O'Keefe à gauche -- Marc Durand à droite  

 Le constructeur du télescope qui a mis des centaines d'heures à façonner son miroir de 6 pouces.





Quelques belles images de la totalité:


La couronne solaire visible pendant les brefs instants de la totalité; à noter une grosse éruption solaire en haut à droite:








Deux images du soleil après la phase de la totalité:
Photos sont tirées du film 8mm; je n’avais pas d’appareil photo en 1963, j'avais seulement cette ciné-caméra. La taille de l’image sur la pellicule 8mm c’est très petit: 4,8 x 3,5 mm:





N.B. Si vous avez des souvenirs ou mieux des documents de cette éclipse du 20 juillet 1963, je vous prie de communiquer avec moi:  durand.marc@uqam.ca

* Je souhaiterais bientôt ajouter une narration documentée au film. Je voudrais mieux identifier les participants à Grandes-Piles parmi les membres de l'époque de la section française de la SRAC.
M. Gaston Lebrun présidait l'association en 1963; il était je pense bien sur place avec le groupe. 
MM. Philippe Mailloux et Gaston Lebrun y étaient aussi, je n'en suis pas certain.
Mme Fleurange Laforest était du groupe et elle a participé au tournage du film, tout comme M. Simard et mme J.A. Désy.

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